Au niveau du cerveau

Ce qui se passe au niveau du cerveau

Introduction 

 Il faut deux conditions nécessaires pour qu'un son soit qualifié de musique. Premièrement, le son doit être organisé. Une définition de la musique selon le petit Robert : "Art de combiner les sons en suivant certaines règles." Deuxièmement, le son doit être un phénomène social. On entend par là qu'il doit y avoir au moins deux individus impliqués dans le processus (celui qui émet, et celui qui reçoit). 

Le son est une onde, qui a plusieurs caractéristiques :

La hauteur désigne la fréquence fondamentale d'un son. ( exemple : le La 440 Hz )

La durée d'un son correspond au laps de temps pendant lequel on perçoit ses vibrations.

L'intensité est une caractéristique permettant de distinguer un son fort d'un son faible.

Le timbre est une notion très complexe, qui dépend de la fréquence fondamentale, les harmonies et de l'attaque d'un son.

 

1/ L'oreille

Avant que le son ne parvienne au cerveau, il passe par l'oreille. Voyons le cheminement du son, avant qu'il n'arrive au cerveau.

Le son se propage dans l'air sous forme de pression. Pour devenir une information intelligible par le cerveau, ces ondes mécaniques doivent êtres converties en signaux électriques, appelés aussi influx nerveux. Les ondes sonores sont captées et amplifiées par le pavillon en forme de cornet et sont ensuite guidées jusqu'au tympan par le conduit auditif. Cet ensemble est une cavité emplie d'air qui communique avec l'exterieur : l'oreille externe.

Le tympan, petite membrane souple, va réagir aux variations de pressions de l'onde sonore. Ces vibrations sont transmises aux osselets, situés dans l'oreille moyenne. Cette cavité communique avec la gorge via les trompes d'Eustache (ce qui permet d"équilibrer la pression). Les osselets sont les trois plus petits os du corps humain. Le marteau est accroché au tympan, ses vibrations sont transmises à l'enclume, puis à l'étrier, qui joue le rôle d'un piston qui vient comprimer le liquide de l'oreille interne. La cochlé est l'organe de la perception auditive. Réparties sur sa base, plus de quinze mille cellules nerveuses ciliées detectent les vibrations du liquide. Elles génèrent alors l'influx nerveux qui est acheminé jusqu'au le cerveau par le nerf auditif. [3]

 

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2/ Arrivée au cerveau

 

Quand l'influx nerveux arrive dans le cerveau, les informations contenues dans le nerf auditif sont traitées le long de leur parcours en passant par plusieurs étages de relais pour atteindre l’aire auditive, région du cerveau qui s’occupe de l’audition.

Le premier relais sont les noyaux cochléaires qui reçoivent les axones des neurones de type I du nerf auditif. Son rôle : décodage basique du message ( durée, intensité, fréquence ). 

Le deuxième relais est le complexe olivaire supérieur : la plupart des fibres auditives y font synapse après avoir croisé la ligne médiane. Puis au départ du relais, un neurone fait monter le message à un troisième relais, au niveau du mésencéphale. Son rôle : localisation du son dans l'espace.

Puis le message passe au quatrième relais, dans le thalamus. Son rôle : préparation d'une réponse motrice, vocale par exemple.

Enfin, le message parvient au cortex auditif, où le message est reconnu, mémorisé, et peut être intégré dans une réponse volontaire.

Toutes ces informations vont être envoyées à différentes zones du cerveau. En moins de 3 secondes, notre pression sanguine va changer, et nos muscles faciaux vont s'activer.





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Lorsqu'on écoute une chanson familière, l'hippocampe (structure du système limbique impliquée dans la mémoire épisodique) entre dans la « danse » ainsi que le cortex frontal inférieur impliqué dans la mémoire de travail.

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Lorsque l'on suit le rythme d'une musique, qu'elle sorte d'une platine ou de notre mémoire, c'est le cervelet qui agit. Cette structure est impliquée entre autre dans la mesure du temps et l'élaboration du mouvement.

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Jouer de la musique implique le lobe frontal chargé de la planification, le cortex moteur, qui gère le mouvement et le cortex sensitif.

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Lorsqu’on lit un partition, c'est le cortex visuel qui s'anime, dans le lobe occipital du cerveau, comme pour lire un texte.

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Lorsqu'on écoute une chanson, sont impliquées l'aire de Broca, responsable du traitement du langage, et l'aire de Werneicke, qui gère la compréhension des mots. Des zones des lobes frontaux et temporaux s'impliquent aussi dans le langage.

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Les émotions générées par la musique agitent des structures profondes et primitives de notre cerveau: le lobe moyen (vermis) du cervelet et l'amygdale, essentielles au décodage des émotions.

3/ Le SRM

Isabelle Peretz est neuropsychologue à l’université de Montréal. C’est elle qui en 2001 propose un premier système de reconnaissance de la musique. L’application de ce modèle est universel car il est valable pour des sujets musiciens et non musiciens. Ce système s'appelle le SRM. Nous allons nous baser sur ce système d'interprétation musicale, bien qu'il en existe d'autres, comme le système de "mémoire et perception musicale". 

On distingue deux entrées musicales : l’organisation mélodique et l’organisation temporelle. Ces deux voies perceptives sont parallèles et font intervenir chacune des modules bien spécifiques.

L’organisation mélodique est composée de trois sous-modules. Le contour, correspondant à la configuration de la hauteur, est lié au module intervalle (le rapport fréquentiel de notes successives). Il existe un dernier module, tonalité, qui n’est lié à aucun des deux autres modules.

La deuxième voie correspond à l’organisation temporelle. Cette voie parallèle est composée de deux sous-modules distincts. On observe le sous module regroupement  qui correspondrait au rythme du morceau, et le sous-module régularité jouant le rôle de la régularité musicale,  c'est-à-dire qu’il permet de donner plus de poids à  certaines notes.

Ces deux routes perceptives transmettent ensuite au répertoire le résultat des analyses. Le répertoire est alors conçu comme un système de représentations perceptives correspondant à toutes les pièces musicales entendues dans notre vie. Lorsque la correspondance entre l'analyse perceptive d'un air musical et sa représentation dans le répertoire est adéquate, cela suscite un sentiment de familiarité qui conduit à la reconnaissance. C'est cela qui conduit aux émotions. [4]

 

Schéma du SRM : 

 

 

Conclusion:

Le son est composé d'ondes. La musique est composée de sons organisés. Ces ondes sont captées par l'oreille, transformées en influx nerveux pour être compréhensibles par le cerveau, puis interprêtées par ce dernier. Ces influx nerveux font intervenir de nombreuses parties du cerveau, dont celle des émotions.

 

 

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